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flèche décorativeEchec scolaire et immigration

25 mai 2011

Paris, le 24 mai 2011

COMMUNIQUE DE PRESSE
Echec scolaire et immigration

Le 28 janvier 2011, le président du Haut Conseil à l’intégration, Patrick Gaubert a remis au Premier Ministre, un rapport qui met en lumière les difficultés de l’école à compenser les inégalités sociales et culturelles de départ dont souffrent notamment les enfants issus de l’immigration. L’école est en difficulté dans sa visée d’intégration, malgré des politiques pourtant volontaristes et d’un coût élevé.

Ce rapport n’a pas fait l’objet à sa parution de critiques particulières. Toutefois, à l’occasion de déclarations récentes de Monsieur Claude Guéant, ministre chargé de l’immigration, une polémique semble s’amorcer dénonçant notamment le caractère stigmatisant de certaines données contenues dans le rapport.

C’est pourquoi, le Haut Conseil à l’intégration tient à faire la mise au point suivante :

Les données statistiques sur lesquelles il s’est appuyé dans son rapport, émanent de sources incontestables comme l’INSEE, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du Ministère de l’Education nationale, ou d’études internationales comme l’enquête PISA. Il est donc tout à fait inexact de déclarer que "les chiffres avancés ne s’appuient sur aucune réalité statistique".

Il nous apparaît donc nécessaire de citer un extrait(p.55) du rapport "les défis de l’intégration à l’école" auquel chacun pourra utilement se reporter, le rapport étant en ligne sur le site de la Documentation française :

"Bien que souvent nés en France et ayant fréquenté l’école maternelle, les enfants de parents immigrés connaissent plus fréquemment des difficultés dans leurs parcours scolaires. Le redoublement les touche plus souvent que les autres élèves... Les enfants de famille immigrée sortent aussi presque deux fois plus souvent du système éducatif sans qualification (11 % contre 6 % pour les non-immigrés). [Selon les données disponibles], sept ans après leur entrée au collège, seul un enfant d’immigré sur quatre prépare un baccalauréat général (27 % contre 40 % des non-immigrés). Ils sont plus souvent dans les voies professionnelles (35 % contre 25 % des non-immigrés et technologiques (20% contre 18% des non -immigrés). Cependant ce constat général recouvre de fortes hétérogénéités selon les origines géographiques Ainsi, les enfants d’immigrés originaires d’Asie du Sud est sont dans une situation proche des enfants de non-immigrés, marquée par un faible taux de sortie et une forte scolarisation en lycée professionnel. A l’inverse, les élèves d’origine turque sont pour la plupart en lycée professionnel ou sortis du système éducatif et seuls 11% préparent un baccalauréat technologique. Les élèves de l’immigration maghrébine et d’Afrique subsaharienne sont scolarisés pour près des deux tiers dans l’enseignement professionnel et technologique. [Ce qui n’est pas synonyme d’échec]. Ces différences se doublent d’une distinction selon le sexe : ainsi chez les jeunes d’origine étrangère maghrébine, plus de la moitié des filles présentent un bac général ou technologique contre un tiers des garçons

Les conditions socio démographiques du milieu dans lequel vivent les enfants d’immigrés influent sur leur scolarité et leurs parcours scolaire. Plus des deux tiers appartiennent à une famille ouvrière et employée contre moins d’un tiers pour les non immigrés. De plus près des deux tiers des élèves immigrés (63%) vivent dans une famille d’au moins quatre enfants contre moins d’un sur cinq chez les non-immigrés. Notons, enfin, que ces élèves sont plus souvent scolarisés en zone d’éducation prioritaire (près d’un sur 3) contre moins d’un sur dix lorsque les parents ne sont pas immigrés."

Parce que toutes les études sont concordantes pour révéler ces inégalités dans les parcours et qu’il serait absurde de les nier, le Haut Conseil à l’intégration a formulé de nombreuses recommandations pour y remédier. Il a insisté en particulier sur l’effort prioritaire à faire dès la maternelle pour que tous les enfants issus de l’immigration aient une maîtrise suffisante en français pour leur permettre d’accéder dans les meilleures conditions aux apprentissages fondamentaux que sont la lecture et l’écriture, sésame de toute la scolarité. C’est ainsi, en agissant dès l’amont que l’intégration des enfants de l’immigration sera mise sur de bons rails. Le Haut Conseil souhaite que cette mesure emblématique soit adoptée au prochain Comité interministériel à l’intégration.

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